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    NDDL : le centre-ville de Nantes se prépare aux manifestations

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    Cédric39
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    NDDL : le centre-ville de Nantes se prépare aux manifestations

    Message par Cédric39 le Mer 17 Jan - 14:24

    La perspective d’une évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes fait ressurgir le spectre de manifestations violentes dans le centre-ville de Nantes. Reportage ce mercredi matin, à l’heure de l’embauche.

    Comme tout le monde à Nantes, Bertrand a lu la presse ce mercredi matin. Cinq compagnies de CRS «au minimum» ont en effet convergé la veille vers la cité des ducs de Bretagne pour une «sécurisation urbaine» de la ville, relate Ouest-France, dans la perspective d’une évacuation imminente de la «zone à défendre» (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Par le passé, la plupart des manifestations anti-aéroport ont en effet dégénéré. Le 22 février 2014, la plus grosse d’entre elles – qui avait réuni «entre 50 et 60 000» opposants, selon les organisateurs – s’était ainsi terminée en violents affrontements entre des individus et les forces de l’ordre. Bilan matériel : «plusieurs centaines de milliers d’euros» de dégâts, selon le maire de l’époque, Patrick Rimbert (PS).

    Hôtels complets

    Aujourd’hui, donc, Bertrand «appréhende clairement» de nouvelles manifestations : il a repris en septembre dernier un petit hôtel non loin de la place du Cirque, dans l’hypercentre de Nantes, là où les opposants au projet d’aéroport ont d’ores et déjà prévu de se rassembler «le premier samedi suivant les expulsions». Leur plan n’est pas nouveau : mis au point depuis plusieurs années, il a simplement été réactivé et «mis à jour» ce mardi sur zad.nadir.org, le site internet de la ZAD. Comme nombre de commerçants du centre-ville, Bertrand présage un abandon du projet d’aéroport. «Ceux qui ont perdu dans l’histoire, ce sont les partisans du projet, ceux qui n’ont pas fait preuve de violences et de menaces, regrette l’hôtelier de 45 ans, qui sirote un petit noir en terrasse avant de commencer sa journée. C’est la faute d’un gouvernement qui s’est montré trop attentiste : Hollande aurait dû prendre les décisions au moment où elles s’imposaient. Maintenant, c’est beaucoup trop tard.»

    En attendant, un certain nombre d’hôtels de la région nantaise affichent complet. Grâce aux Biennales internationales du spectacle (BIS), un événement du monde culturel qui se tient en ce moment même à Nantes, pour celui de Bertrand. Grâce aux CRS et gendarmes mobiles mobilisés pour l’évacuation de la ZAD, pour ceux de la périphérie nord de la ville. A Vigneux-de-Bretagne, en périphérie de la «zone à défendre», le Brit Hôtel n’a «pas de réservations fermes» de la part du ministère de l’Intérieur, contrairement à ce qu’annonçait la presse locale. «Aujourd’hui, à cette heure, on a des disponibilités… même si on est complets en journalistes», affirme à Libération le directeur de l’établissement de 86 chambres. L’hôtel a toutefois «déjà eu l’occasion» d’héberger des CRS et gendarmes mobiles par le passé, «que ce soit pour la ZAD ou pour d’autres interventions».

    «C’était violent»

    Dans l’hypercentre, même si aucun de leurs véhicules n’était positionné ce mercredi matin autour de la préfecture, les autres commerçants sont déjà sur le pied de guerre. Notamment dans les banques, systématiquement visées par les casseurs lors des précédentes manifestations. Un «brief» a été fait ce mercredi à l’embauche par le directeur de l’agence LCL du cours des Cinquante-Otages à ses salariés, pour tirer les trois nouveaux rideaux de fer dès 18 heures : une première manifestation pourrait avoir lieu. Ces grilles ont été installées après les débordements qui ont suivi les manifestations contre la loi travail, il y a un an. «Les vitrines étaient cassées, les ordinateurs dans la rue… Ici, c’était violent», se souvient une salariée de la banque, qui a dû travailler «dans le noir pendant plusieurs semaines» après l’installation de plaques temporaires en contreplaqué. Même topo en face, à l’agence Banque Populaire, où un rideau de fer a été installé après lesdits débordements. «Les collègues qui étaient en poste ici il y a un an ont été assez choqués», confirme un jeune banquier nouvellement arrivé. Il devrait pouvoir se faire sa propre idée assez vite.

    Source: Libération (17/01/2018)

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